Vote du Parlement européen sur la PAC 2014-2020 : un coup pour rien

Bruxelles, 14 mars 2013

Une occasion manquée pour le Parlement européen. Le vote de la PAC en session plénière était l’occasion de changer radicalement l’orientation de la plus vieille politique commune de l’Union et d’aller vers une PAC durable, plus équitable et résolument tournée vers le verdissement.

Mais à l’issue du vote, force est de constater que les ambitions de départ ont été sérieusement rabotées : l’assemblée plénière est restée bloquée sur la PAC du passé.

Les ambitions de verdissement sont amoindries alors qu’il s’agissait d’une des plus grandes avancées dans la proposition initiale. Le verdissement de la PAC est primordial, il ne peut pas être en option. Une autre mesure phare qui aurait considérablement changé la physionomie de la PAC n’a pas été retenue: le plafonnement des aides à 200 000 euros a été rejeté à deux voix près. Or le manque d’équité dans le soutien aux agriculteurs est aujourd’hui criant, que ce soit au sein des Etats comme entre Etats membres. Un rééquilibrage est la condition sine qua non d’une politique agricole commune plus juste.
Rééquilibrage aussi avec les pays en développement. Je défends la souveraineté et l’autosuffisance alimentaire, du local au continental. Je regrette que le suivi et l’évaluation de l’impact de la PAC dans les pays en développement n’aient pas été adoptés.

Pour toutes ces raisons, le vote d’hier est une occasion manquée [1]. Plus de 50 ans après sa création, la PAC a besoin d’un sérieux coup de jeune. Pour remplir les objectifs de préservation de l’environnement tout en redonnant du dynamisme et de l’équité au secteur agricole, des changements radicaux sont à faire. On ne peut pas se contenter de demi-mesures.

Le vote d’hier marque le début des négociations avec les Etats membres, la PAC n’est pas encore réformée.

Pour une agriculture paysanne et saine, qui permette aux agriculteurs de vivre de leur travail, qui fournisse des produits de qualité et qui s’inscrive dans le développement durable, la mobilisation, aussi bien parlementaire que citoyenne, reste plus que jamais nécessaire.

Jean-Luc Bennahmias, Député européen,

Vice Président du Modem

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www.jeanlucbennahmias.eu

Pour rappel vous pouvez consulter les votes des députés  sur le site www.votewatch.eu

 



[1] J’ai voté contre les rapports relatifs aux paiements directs, au développement rural et au financement horizontal et pour le rapport concernant l’organisation commune de marché

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"A lire, le Nouvel optimisme de la volonté" paru dans le Point