Un pas en avant vers une politique durable sur les agrocarburants

Session plénière du Parlement européen

Un pas en avant vers une politique durable sur les agrocarburants

Strasbourg, Mercredi 11 septembre 2013

Plafonnement des biocarburants de première génération à 6%, objectif de 2.5% d’agrocarburants de seconde génération en 2020 et prise en compte des facteurs CASI (changement d’affectation des sols indirect) en 2020 sur la base d’une révision de la méthodologie par la Commission européenne en 2016 : le texte voté à la majorité du Parlement européen aujourd’hui est un pas en avant vers la réorientation de notre politique européenne d’agrocarburants.

C’est justement pour cela que les conservateurs du Parlement ont obtenu le report des négociations avec le Conseil. Résultat: un bon texte mais nous n’aurons pas de législation d’ici la fin de la mandature. C’est un coup manqué et nous pouvons fortement le regretter.

Clarifier la politique européenne sur les biocarburants, passer progressivement de la première génération de biocarburants à la seconde, renforcer la prise de conscience des effets CASI au sein de l’Union européenne et prévoir la prise en compte de ces facteurs dans la législation à l’horizon 2020: tels étaient les objectifs de la rapporteur C.Lepage dans la mise à jour des directives sur la qualité des agrocarburants et des énergies renouvelables.

Depuis 2008 et l’adoption du paquet climat, l’Union s’est donnée des objectifs ambitieux (les fameux 3×20) qui prévoient 20% d’énergies renouvelables dans la consommation totale d’énergie à l’horizon 2020 dont 10% d’énergies renouvelables dans les transports.

Les biocarburants représentaient une façon de verdir les transports. Mais le biodiesel et l’éthanol sont-ils vraiment durables? Aujourd’hui, on peut en douter. La conversion de terres agricoles en surfaces productrices de biocarburants pose des problèmes qui nécessitent de passer progressivement à une nouvelle génération de biocarburants. A base de déchets, notamment végétaux, ou encore d’algues par exemple, cette nouvelle génération ne rentre plus en conflit avec les cultures vivrières. Rappelons aussi que l’utilisation de ces biocarburants -quelque soit la génération- n’a d’intérêt que pour une utilisation localisée- il ne s’agit pas de développer une politique d’exportation.

Sans renier les investissements réalisés en Europe et l’importance des filières biodiesel et bioéthanol, il faut aujourd’hui faire évoluer notre politique d’agocarburants pour en faire un réel outil de contribution aux objectifs de lutte contre le changement climatique.

Aujourd’hui, le Parlement européen a fait un pas dans cette direction, mais sans l’ouverture immédiate des négociations, nous restons au milieu du gué -c’est regrettable.

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