Taxe carbone européenne: l’Union européenne bien seule dans l’action!

L’UE si souvent critiquée – et parfois à raison il faut le dire- pour son inaction ou sa frilosité, subit aujourd’hui les pressions et le chantage commercial des grandes puissances internationales pour son action qui serait trop volontariste! En cause: la directive mettant en œuvre une taxe carbone sur le transport aérien.  Cette fois,  l’UE agit concrètement, le monde devrait s’en réjouir. Pourtant il n’en est rien, la législation soulève une levée de bouclier contre elle de la part de ses partenaires internationaux, Etats-Unis et Chine en tête, suivies de l’Inde et de la Russie. Les menaces de chantage commercial ne se sont pas faites attendre tandis que de tous bords on brandit la menace d’une paralysie du trafic aérien mondial !  Cela illustre à la perfection l’hypocrisie manifeste de ces « grands » se refaisant une vertu lors des sommets internationaux sur le climat, mais qui, une fois qu’on leur demande de concrétiser leurs discours se replient sur leur intérêts commerciaux « supérieurs ».
 Pourtant, qu’en est-il réellement? Cette taxe carbone, fruit d’un calcul compliqué est plutôt de l’ordre du symbole ; seulement 15% des émissions de gaz à effet de serre seront taxées (chaque compagnie aérienne devant acheter l’équivalent sous forme de crédit carbone). La taxe devrait rapporter 256 millions d’euros à l’UE en 2012 – ce qui n’est pas rien mais reste tout de même une somme modeste, à comparer aux 3,8 milliards de dollars dépensés par Hong Kong Airlines, une compagnie extrêmement hostile à cette mesure, pour sa dernière commande à Airbus.
 L’indignation et  les menaces de représailles  me paraissent donc disproportionnées face à l’effort demandé. Certes, il s’agit d’une contribution financière, mais cette taxe ne sera pas le fossoyeur du marché du transport aérien!
 Avec cette taxe, l’UE confirme son rôle de leader dans la lutte contre le changement climatique. Le monde entier est aujourd’hui concerné mais l’Union est concrètement la seule à mettre en œuvre les principes que tout le monde défend dans les grands-messes internationales. Bien sûr nous aurions préféré une solution au niveau mondial, c’est évident! Mais à défaut, nous pensons que la solution n’est pas l’inaction. Cette taxe est un pas en avant. Si l’UE soutient ses industries et croit en une politique industrielle compétitive, elle croit aussi en une politique volontariste sur le climat et le développement durable. L’UE doit tenir bon!

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"A lire, le Nouvel optimisme de la volonté" paru dans le Point