Stratégie pour la jeunesse: le Parlement européen avance des pistes pour les jeunes européens

 23,6 % de chômage chez les jeunes dans l’Union européenne…et ce n’est qu’une moyenne: le taux est plus proche de 60% en Espagne et en Grèce. Un autre chiffre témoigne de l’urgence sociale dans l’UE: 7,5 millions des 15-24 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. Dans un rapport adopté aujourd’hui en commission emploi, affaires sociales au Parlement européen, nous rappelons l’urgence à intensifier les efforts pour assurer un avenir décent à toute une génération aujourd’hui sacrifiée. Améliorer l’accès à l’emploi, à l’éducation, à la formation mais aussi à la santé, au logement, à la culture et à la citoyenneté: c’est une stratégie pour la jeunesse dont il est question dans ce rapport de Ole Christensen, socialiste danois.

La lutte contre le chômage des jeunes est finalement érigée en priorité politique et l’annonce de l’initiative franco-allemande mardi 28 mai 2013 va dans la bonne direction. Mais comme je le rappelle ici (http://www.jeanlucbennahmias.eu/le-new-deal-de-hollande-et-merkel-bon-deal-oui-mais-rien-de-new), les Etats devraient d’abord mettre en place la « garantie jeunesse » adoptée en février par le Conseil et dotée de 6 milliards d’euros pour la période 2014-2020 dont j’ai déjà eu l’occasion de parler ici (http://www.jeanlucbennahmias.eu/oui-une-garantie-europeenne-pour-la-jeunesse-le-parlement-appelle-tous-les-etats-membres-a-concretiser-linitiative ). Nous demandons que cette garantie jeunesse soit élargie aux jeunes de moins de 30 ans. Rappelons également que le coût de mise en œuvre de cette garantie à travers l’Eurozone est estimé à 21 milliards par l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Si les Etats membres veulent réellement s’attaquer au chômage des jeunes, il faut qu’ils s’en donnent les moyens!

Lutter contre le chômage c’est aussi agir de manière préventive en luttant contre le décrochage scolaire. Reprenant certains de mes amendements, le rapport Christensen met ainsi l’accent sur la nécessité de combattre le décrochage scolaire précoce par l’ouverture d’un dialogue entre toutes les parties prenantes (les services éducatifs, d’emploi, les systèmes de formation) et par la mise en place de programmes éducatifs ciblés, des programmes de réintégration offrant une deuxième chance et un renforcement de la formation en alternance.

Autre point évoqué dans ce rapport, la qualité des stages. Reconnus comme apportant une expérience professionnelle, sociale et personnelle indispensable aux jeunes, les stages ont besoin d’être encadrés. Nous demandons un cadre de qualité pour les stages et une définition qui fournissent des critères sur la compensation et les conditions de travail indépendamment de la durée du stage.
Enfin, et c’est un point qu’évoque l’initiative franco-allemande, la mobilité volontaire des jeunes doit être renforcée -par le portail EURES notamment et les programmes de formation tout au long de la vie. Sur ce point l’idée d’un Erasmus de l’alternance est une idée intéressante, à la fois pour renforcer l’attractivité de l’alternance et encourager la mobilité en Europe.

Le rapport adopté aujourd’hui avance donc des pistes et nous suivrons son adoption par le Parlement en séance plénière. Les idées existent mais encore faut-il y mettre le budget permettant de les mettre en œuvre!

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"A lire, le Nouvel optimisme de la volonté" paru dans le Point