Sécurité alimentaire en Europe : Viande de cheval et farines animales, on nous fait tourner en bourrique !

En pleine affaire de la viande de cheval, l’UE a publié mi-février la révision d’un règlement de 2001 interdisant les farines animales et donné son feu vert à la réintroduction des protéines animales transformées (PAT) dans l’alimentation des poissons.

A partir du 1er juin 2013, ces farines animales seront donc réintroduites dans l’UE. La procédure de mise à jour de ce règlement prévoit la consultation d’un comité d’experts nationaux qui vote à la majorité qualifiée. Le fait que la France et l’Allemagne aient voté contre n’a donc pas empêché l’adoption d’un avis favorable.

Le Parlement européen aurait pu avoir son mot à dire dans cette révision: mais, en juillet 2011 il a malheureusement majoritairement voté pour la réintroduction de farines animales. Un rapport auquel je m’étais opposé mais adopté par 485  voix contre 162.

En minorité dans cette affaire, nous n’avons pas pu nous opposer à ce règlement, qui est obligatoirement applicable par tous les Etats membres.  Je salue l’initiative de Mme la Ministre D. Batho de créer un label  « sans farines animales ». Même si ce ne sera pas suffisant, cela va dans le bon sens…

Ce que cette affaire, tout comme celle de la fraude alimentaire liée à la viande de cheval, nous montrent c’est l’absolue nécessité de changer radicalement nos modes de production et de consommation. La seule façon de savoir ce qu’on mange réellement est de retourner à des réseaux de proximité, de rétablir des circuits courts.

Certes le manque de protéines est un problème considérable dans l’UE, l’aquaculture est un secteur en tension et la pêche minotière qui la fait vivre  est clairement une aberration écologique. Car capturer 7 kilos de poissons  pour les transformer  en farine et produire 1 kilo de poisson d’élevage n’est pas tenable sur le moyen et le long terme. Il faut réfléchir à d’autres solutions plus durables. L’interdiction de rejeter à la mer les poissons péchés mais impropres à la vente- pour laquelle j’ai voté dans le cadre de la réforme de la Politique Commune de la Pêche le 6 février dernier – a aussi cet objectif: utiliser les poissons auparavant rejetés  en mer pour en faire des farines destinés à l’alimentation des poissons. Cette dernière piste ne clôt évidemment pas le débat et tout l’enjeu consiste maintenant à sortir de cette quadrature du cercle écoeurante.

Jean-Luc Bennahmias

Député européen

Vice-président du Mouvement Démocrate

 

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