Rencontre au Parlement européen avec les représentants de salariés de SANOFI

Photo A.Normand

Le 5 février dernier, une délégation de représentants de travailleurs européens des entreprises SANOFI était au Parlement européen à Strasbourg.

Lors d’une rencontre avec les députés européens à laquelle j’ai participé, les salariés ont témoigné de leur vive inquiétude quant à leur avenir face à des plans de licenciements massifs.

SANOFI est une entreprise importante dans le domaine de la santé et de la pharmacie, elle est même devenue la première capitalisation boursière en France (en passant de peu devant Total).  Pourtant, des plans de restructuration se multiplient à travers l’Europe. Alors qu’en 2011, le groupe employait près de 55 000 salariés en Europe, fin 2012, ils n’étaient plus que 51 500. Les salariés présents au Parlement européen ont dénoncé les pertes d’emplois aussi bien en France, qu’en Pologne, qu’à Budapest, Milan ou encore Francfort.

Dénonçant une gestion purement financière du groupe ils nous ont fait part de leurs interrogations sur la stratégie de l’entreprise: quelle gouvernance d’entreprise pour SANOFI ? Ils dénoncent effet le manque de vision du groupe, la désorganisation du travail et le reniement de la diversité européenne de la recherche.

Leur situation est un exemple flagrant des effets que peuvent avoir les restructurations et surtout la gestion à court terme, pour répondre à des impératifs financiers, d’un grand groupe. L’encadrement des restructurations est urgent en Europe. Le Parlement européen a récemment adopté un rapport en ce sens, demandant une initiative législative sur le sujet, demandant la mise en place de stratégies de long terme, visant à anticiper et à accompagner les restructurations d’entreprises. (Sur le sujet: http://www.jeanlucbennahmias.eu/le-parlement-europeen-demande-une-legislation-pour-encadrer-les-restructurations-au-sein-de-lunion-europeenne)

Nos Etats européens doivent bouger sur ce sujet; comme sur la question de la participation des salariés aux décisions de l’entreprise. Un représentant des travailleurs de Sanofi a rappelé, à juste titre, qu’en Allemagne les salariés étaient présents au sein du Conseil d’Administration. Mais ce n’est pas le cas dans beaucoup d’autres pays, y compris en France.

Face à cette situation préoccupante, le comité d’entreprise européen du groupe est fortement mobilisé pour sauver le maximum d’emplois en Europe et pour lutter contre la baisse drastique des investissements pour la recherche. Je leur apporte bien évidement mon soutien.

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