Pour nous, au Modem, le choix de François… Hollande

Cet après-midi, François Bayrou réunira, à Paris, le Conseil national du mouvement démocrate dans la perspective du second tour de l’élection présidentielle. La France jouera dimanche une partie de son destin.

Le Centre aura, d’ici dimanche, joué le sien. Notre famille politique est, à l’évidence, à la croisée des chemins. Et elle ne doit pas se tromper. Inscrits depuis cinq ans dans une opposition radicale, voulue, pensée, au président sortant, les démocrates se doivent de soutenir le candidat le mieux placé de l’opposition.
L’argument est simple : il en va de notre clarté, de notre cohérence. Aussi, plaidons-nous, dans ce moment crucial, pour la convergence de toutes les forces que les Françaises et les Français ont choisies comme alternatives de progrès au pouvoir sortant. Chacune de ces forces représente une part de la souveraineté populaire qui vient de s’exprimer en faveur d’un changement de valeurs à la tête de l’Etat. Toutes sont nécessaires à une victoire sans appel. Toutes ont, ensemble, le devoir d’offrir les conditions d’une grande alternance, portée par l’arc républicain et démocrate le plus large, capable de fonder une légitimité sans précédent, pour répondre durablement à la crise sociale, économique, écologique, financière et morale qui frappe la France et l’Europe.
L’exceptionnelle gravité de la situation du pays et la fragilité dans laquelle est entré le modèle social européen justifient, aujourd’hui, une réponse elle-même exceptionnelle. Cette réponse doit changer le paysage politique français. Démocrates, radicaux, écologistes, socialistes, Front de gauche avons la responsabilité commune face à la crise, face aux peuples d’une Europe qui souffre : celle de nous rassembler pour refonder la République. La République des démocrates et des républicains, pas celle de Nicolas Sarkozy, compatible avec le Front national !

La République toujours menacée dans l’histoire de France, mais toujours sauvée et finalement victorieuse ! La République juste, ouverte et vertueuse ! Non pas celle des ennemis de la République logés en son sein ! Non pas celle de Mac-Mahon, non pas celle du général Boulanger, non pas celle de Pétain, mais celle de Jaurès, celle de De Gaulle et la nôtre !

En ces temps troubles, nous devons être les gardiens et les défenseurs de la République ! Nous devons redire, en ces temps d’élection et de combat, combien, au prix de lourdes dérives, la droite française s’est façonnée un terrible visage, toutes ces dernières années ! Combien elle s’est éloignée de toutes nos convictions les plus intimes, de nos valeurs les plus ancrées !

Elle l’a fait sous l’effet funeste d’une triple influence : celle de son acceptation aveugle d’inégalités sociales toujours plus grandes, plus violentes, plus injustifiées et plus nocives pour le corps social dans son entier, inégalités engendrées par une adhésion doctrinale aux dogmes du néolibéralisme ; celle d’un atlantisme, éventuellement justifiable il y a un demi-siècle, mais qui prend le contre-pied des intérêts de la France et de l’Europe dans le monde, en particulier dans le monde arabe, et le contre-pied de la marche même de l’histoire et du jeu des puissances ; celle de l’influence idéologique, enfin, des thèses absurdes de l’extrême droite en perpétuelle quête de boucs émissaires, d’anathèmes, d’exclusions, de divisions.

L’extrême droite, ce poison, ce dissolvant, injecté dans les veines de l’unité nationale. Cette triple dérive, qui s’alimente au sommet de l’Etat, a travaillé la société française de l’intérieur. Elle défigure la France. Tournons, un instant encore, notre regard vers l’humiliation qu’inflige au peuple grec l’axe franco-allemand. Une politique de régression, aussi immorale qu’absurde, frappe les Grecs, et parmi les Grecs les plus fragiles (jeunes, retraités, petits fonctionnaires) avec une violence inouïe. Cette politique scandaleuse ne fait que le jeu des banques et des puissances de l’argent qui s’enrichissent, à taux d’usuriers, sur le dos et la détresse de tout un peuple. Pourtant, la Grèce, ce n’est pas rien pour l’Europe, car l’Europe, par son histoire, sa culture, son nom et sa naissance est plus grecque encore que la Grèce n’est européenne. Nous ne voulons, en aucun cas, que la France, ni aucun peuple au monde, ne subisse le sort que l’on fait subir aux gens, comme vous et nous, en Grèce, devenue le laboratoire politique et économique d’une Europe qui est celle que nous ne voulons plus.

Aussi, devons-nous retrouver une nouvelle majorité qui fasse souffler le vent de l’espérance sur la France et l’Europe, comme au temps des soldats de l’An II, et ouvre la voie du redressement moral, économique et politique. Nous devons nous projeter au-delà des vieilles postures, des vieux clivages, des vieilles timidités !

Par JEAN-LUC BENNAHMIAS Député européen et vice-président du Modem, CHRISTOPHE MADROLLE Secrétaire national adjoint, FRANÇOIS-XAVIER DE PERETTI Président du Comité de conciliation, SOPHIE GOY Conseillère municipale de Marseille

 

Recherche

Présence Web

Liens

Slideshow image

"A lire, le Nouvel optimisme de la volonté" paru dans le Point