Monsieur Fillon, vous êtes le candidat de la casse environnementale

Non, Monsieur le candidat désigné de la droite, l’environnement ça ne commence pas à bien faire!

Une version de ce texte a été publiée dans le Huffington Post du 6 décembre 2016

Lettre ouverte au candidat désigné de la droite et du centre

Monsieur le Premier ministre,

En vous entendant déclarer durant la campagne de la primaire de la droite et du centre qu’ »il est de notre devoir de laisser à nos enfants et petits enfants cette planète dans un état environnemental aussi bon, voire meilleur que celui qui nous a été légué », j’ai cru, un bref instant, que la droite n’avait finalement pas totalement oublié le discours de Johannesburg du président Chirac et sa désormais fameuse sortie sur « la maison brûle » – il est vrai largement inspirée par Nicolas Hulot. Hélas, ma joie fut de courte durée. En vous entendant dans la foulée remettre en cause le principe de précaution, que vous souhaitez faire disparaître de la Constitution, pour lui substituer un vague principe de responsabilité, non seulement vous trahissez l’esprit de Johannesburg de votre ancien mentor, mais vous ramenez votre famille politique aux pires années du sarkozysme, où, il est vrai, vous étiez chef du gouvernement. Très précisément, à l’année 2010, lorsque le président Sarkozy déclara que « toutes ces questions d’environnement (…) ca commence à bien faire ».

Non, Monsieur le candidat désigné de la droite, l’environnement ça ne commence pas à bien faire! Et, non, le principe de précaution ne sert pas non plus, comme vous l’avez écrit lors de cette primaire, de « prétexte à l’inaction » ! Pour ne prendre qu’un exemple, il n’existe pas de technologies propres dans l’exploitation du gaz de schiste, dont vous réclamez pourtant la réouverture des recherches de réserves en utilisant la fracturation. En remettant ainsi en cause ce principe de précaution, dont on pouvait penser que le débat était clos, vous vous trompez de siècle. Vous prétendez diriger un grand pays comme la France, mais votre vision est celle d’un patron, tout droit sorti d’un roman du XIXe siècle, qui considère les ressources de la planète comme inépuisables et ne voit finalement pas plus loin que le rapport pour son petit portefeuille d’actions.

Notre pays vaut pourtant mieux que cette vision d’un autre temps que vous semblez assumer. Par exemple, en 2015, en accueillant à Paris, à l’occasion de la Cop21, les chefs d’Etat ou de gouvernement du monde entier pour les sensibiliser à l’urgence environnementale et climatique, la France a fait preuve de ce souffle universel qui ne lui a jamais manqué lorsqu’elle avait rendez-vous avec l’Histoire. Et qui est son honneur. Pour toutes ces raisons, Monsieur le candidat de la droite, si vous voulez continuer à être le candidat du déni de la fragilité de notre planète, alors vous trouverez toujours sur votre chemin, en ma personne, un infatigable défenseur de l’esprit de la Cop21 ou encore de l’Accord de Paris relatif à la mise en place des mesures pour une transition énergétique réussie. Notamment pour une sortie progressive du tout nucléaire.

L’avenir, Monsieur Fillon, ce ne sont pas les gaz de schiste. L’avenir, ce sont les énergies renouvelables ! Et, pas seulement pour des considérations environnementales, mais aussi pour des raisons industrielles et donc d’emploi. Ne sous-estimez pas, en effet, la France du progrès et de l’innovation. Aussi, quand j’entends que vous souhaitez encore supprimer les subventions aux énergies renouvelables si vous étiez élu, je me dis que vous êtes décidément le candidat de la casse environnementale.

Président du Front Démocrate, ancien député européen, candidat à la Primaire de la Gauche des Démocrates et des Écologistes

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"A lire, le Nouvel optimisme de la volonté" paru dans le Point