Leonarda : si les lois sont mauvaises, il faut les changer

leonarda-dibrani-et-sa-mere-xhemaili-le-19-octobre-2013-a-mitrovicaJean-Luc était interrogé ce jour par Newsring sur l’affaire Leonarda. Vous pouvez lire l’intégralité de sa contribution ici :

http://www.newsring.fr/politique/1098-ps-et-ump-ont-ils-la-meme-politique-de-limmigration/70877-leonarda-si-les-lois-sont-mauvaises-il-faut-les-changer

Leonarda : si les lois sont mauvaises, il faut les changer

17 octobre 2013, 17:56

★La rédaction L’expulsion de la jeune collégienne rom Leonarda a provoqué de nombreux remous au sein de la classe politique française. Jean-Luc Bennahmias, député européenne et vice-président du MoDem, s’émeut de cette expulsion, qu’il juge «scandaleuse». «On peut comparer les déclarations de Manuel Valls sur les Roms aux déclarations qu’on pouvait entendre au sujet des populations arméniennes dans les années 20», déclare-t-il.

L’expulsion de Leonarda et de Khatchik Kachatryan est totalement scandaleuse. C’est l’antithèse d’une politique républicaine et humaniste.

Dans la mesure où l’intégration par l’Education nationale est déjà malaisée, la République doit continuer à intégrer ces élèves qui sont en classe depuis un certain temps, et faire en sorte qu’ils évoluent dans le cadre républicain le plus longtemps possible au lieu de les en exclure. Des dizaines de milliers de personnes se battent, école par école, et quelle que soit leur appartenance, politique, associative, culturelle, cultuelle, pour défendre des enfants qui sont intégrés, vont à l’école, etc. Ces deux enfants vont se retrouver dans des situations épouvantables. Ce jeune arménien risque la prison à son retour parce qu’il n’a pas fait son service militaire. Ne parlons pas de Leonarda, qui cumule toutes les difficultés, puisqu’elle est d’origine rom.

A quoi bon s’apitoyer sur le sort des migrants de Lampedusa ?

Il n’y a malheureusement aucune différence entre l’attitude de l’actuel ministre de l’Intérieur et ses prédécesseurs. L’attitude de Manuel Valls par rapport à ces expulsions – même s’il n’en est pas directement responsable – et ses propos au sujet des populations Roms ne sont pas acceptables à mes yeux. J’ajoute qu’il ne s’y prendrait pas autrement s’il cherchait à doucher les espoirs d’un certain nombre de gens à gauche, démocrates, humanistes. Au profit du parti que l’on sait, qui se frotte les mains pendant ce temps.

On peut comparer les déclarations de Manuel Valls sur les Roms aux déclarations qu’on pouvait entendre au sujet des populations arméniennes dans les années 20. On disait exactement la même chose de ces populations à l’époque. Si encore ce n’était qu’un discours non suivi d’actes… La France est hors normes par rapport au cadre des directives et des lois européennes. Alors, on peut toujours s’apitoyer sur le décès de centaines d’Africains sur les côtes méditerranéennes. Mais cela reste de l’apitoiement.

La gauche se débat avec les questions liées à l’immigration depuis longtemps

La gauche a un problème avec ces sujets depuis des décennies. Le droit de vote des étrangers aux élections locales, défini comme une mesure urgente parmi les 110 propositions de François Mitterrand en 1981, est devenu, par exemple, un gimmick. Alors que permettre aux immigrés de voter ne changerait rien aux résultats des élections. L’immigré devenu électeur vote aussi bien à droite qu’à gauche, au centre ou pour les écologistes… Ce serait un signe, non pas de courage, puisque ce droit existe déjà dans de nombreux pays européens, mais de cohérence entre les paroles et les actes.

La gestion des flux migratoires est compliquée dans le monde entier, mais on ne règle pas ces questions au moyen de fausses politiques qui font que les gens sont prêts à mourir, s’agissant des Africains de Lampedusa par exemple.

Heureusement que ces mesures sont désavouées par l’ensemble des partis politiques de gauche, et pas seulement. Et dire que les lois républicaines sont ainsi faites n’est pas une excuse valable. Si les lois sont mauvaises, il faut les changer. La loi, telle qu’elle est faite aujourd’hui, ne répond pas à l’histoire de la République française et des politiques humanistes et d’intégration de celle-ci.

 

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