Le Nouvel Obs : trois questions à Jean-Luc

« On va voir ce qu’on peut faire ensemble mais on ne peut pas recommencer de la même manière…Le PS s’étant réinscrit dans le cadre de la vieille Union de la Gauche, le Modem ayant temporairement, semble-t-il, perdu quelques plumes »

Trois questions à Jean-Luc Bennahmias, député européen et vice-président du Modem

1) Pour vous, quelle serait la réforme prioritaire à mettre en œuvre ? Et comment la financeriez-vous ?

Un plan pour les banlieues et les quartiers en difficulté. J’insiste sur les deux : à Marseille, il n’y a pas de banlieue mais des quartiers difficiles, ça oui ! Ce plan doit concerner l’emploi, les services publics, la sécurité, la réhabilitation urbaine en intégrant le développement durable…C’est prioritaire parce que c’est de là que viendront les plus grosses difficultés en terme de lien social, de pauvreté avec toutes les conséquences qui vont avec…J’enfonce peut-être une porte ouverte mais il n’est pas normal que dans une société comme la France d’aujourd’hui les restos du cœur, le Secours populaire et les autres délivrent de plus en plus de repas chaque année. Le mode de financement ? Il faut prendre une partie sur le budget de la Défense, notamment nucléarisée. Une Défense européenne doit permettre de moduler les coûts entre pays européens. Je prends un exemple : l’histoire du porte-avions. En avoir un seul ne sert à rien, il est immobilisé plusieurs mois à chaque révision. Et il est hors de question d’en construire un deuxième ! Autre ressource : revenir sur ce que j’appelle « la niche fiscale Copé » : les 22 milliards perdus en 3 ans sur les plus-values des ventes de parts d’entreprises.

2) Pourquoi la France est-elle si difficile à réformer ?

D’abord en raison de la Veme république qui a présidentialisé tout le système français, de bas en haut : du maire au président de Conseil général jusqu’à l’Elysée. Deuxième raison : le discrédit et la faiblesse des corps constitués : associations, syndicats, partis. Et puis il y a l’impossibilité de dépasser le clivage droite/gauche héritée du début du 20e siècle.

3) Pour les Français, la réforme c’est souvent « toujours moins ». Quelle est pour vous la dernière réforme marquant une grande avancée en France ?

J’en citerai trois : l’IVG. L’abolition de la peine de mort. Et la retraite à 60 ans.

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"A lire, le Nouvel optimisme de la volonté" paru dans le Point