Le New Deal de Hollande et Merkel, bon Deal oui mais rien de new! »

29 mai 2013, Brussels:

Annoncé début mai et confirmé par le président de la république ce mardi 28 mai, le new deal franco-allemand pour la jeunesse est le bienvenu dans une Union européenne marquée par le chômage de masse: 23 % des jeunes sont actuellement au chômage dans l’UE tandis que dans certains Etats membres le taux de chômage grimpe à plus de 50% ; encore plus grave, plus de 8 millions de jeunes ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (les NEETS).

Face à une véritable situation d’urgence sociale, la lutte contre le chômage des jeunes devient finalement une priorité politique: c’est heureux! L’initiative franco-allemande fait écho aux initiatives européennes lancées dernièrement par l’Union européenne, en premier lieu desquelles, la garantie jeunesse.

Déjà introduite dans plusieurs Etats membres, dont l’Autriche, la garantie pour la jeunesse part d’une idée simple: que tous les jeunes de moins de 25 ans se voient proposer une offre de qualité pour un emploi, une formation, un apprentissage ou un stage dans les quatre mois suivant la sortie de leurs études ou la perte de leur emploi.

Dotée d’un budget de six milliards d’euros pour 2014-2020, la garantie jeunesse doit être un tremplin déterminant mais elle ne peut être le seul instrument de la lutte contre le chômage des jeunes. Les propositions franco-allemandes d’accorder des crédits aux PMEs via la BEI, d’encourager l’alternance et la mobilité géographique, devraient renforcer cet arsenal contre le chômage.

Mais avec quel budget? Si je me félicite de l’initiative, j’attends de voir quel montant sera mis sur la table pour concrétiser ce « new deal » franco-allemand. Car si nous nous contentons de nous appuyer sur les prêts de la BEI ou sur les fonds structurels déjà existants (comme pour le pacte de croissance)  sans ajouter de l’argent frais, j’ai bien peur que  les désillusions soient grandes.  Face à l’urgence et face au risque  bien réel  d’une génération sacrifiée, rien ne serait pire que de vendre du vent à nos concitoyens en voie de désabusement général.

Alors, espérons que ce « new deal » ne soit pas qu’un effet d’annonce ou le doublon d’une initiative européenne déjà lancée. La jeunesse européenne attend des réponses et des engagements  précis  pour  tourner la page d’une crise économique aux conséquences redoutables. Ne les décevons pas une fois de plus. Rendez-vous est pris pour le sommet européen des 27 et 28 juin prochains.

 

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"A lire, le Nouvel optimisme de la volonté" paru dans le Point