Le logement social contre le cercle vicieux de la pauvreté

120 millions d’Européens vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté, 6% des Européens souffrent d’exclusion de logement, 18% vivent dans des habitations surpeuplées ou indécentes.
Dans son rapport d’initiative voté le 11 juin dernier en session plénière du Parlement européen, Karima Delli rappelle ces chiffres alarmants.

Cette Résolution sur le logement social dans l’Union Européenne souligne l’urgence d’agir de manière déterminée sur ce sujet. Assurer un certain nombre de droits et de protection au citoyen pour lui permettre de sortir du cercle vicieux de la pauvreté ou de ne pas y tomber, c’était le contrat de notre Etat-providence qu’il nous faut rétablir aujourd’hui.

Reconnaitre le droit au logement comme un droit fondamental, telle est l’avancée importante obtenue par KDelli dans son rapport. Fondamental, car le logement est un frein puissant contre la pauvreté. Emploi, santé, éducation, mobilité, insertion et mixité sociale, autonomie des séniors, bien être psychologique dépendent directement de la capacité d’une personne à se loger, dignement, correctement. Bien entendu, c’est plus facile à dire qu’à faire, en particulier dans des zones très densément peuplées telles que l’Île de France, la métropole lyonnaise ou le littoral marseillais. Pour y parvenir nous devons maintenir un fort investissement et imposer des quotas de logements dans les zones tendues, mais aussi rénover l’existant. Ne faisons pas l’erreur des Etats-Unis, où par manque de financement le parc de logement social tombe en ruine.

La plupart des Etats membres, et la France ne fait pas exception, sont aujourd’hui face à un constat : les logements sociaux sont vieux. Construits massivement après guerre pour accueillir la main d’œuvre immigrée, remplacer les bâtiments détruits par le conflit ou simplement loger les baby boomers, ils arrivent aujourd’hui au stade obligé de la rénovation ou de la dégradation au delà de l’acceptable. Ce n’est donc pas le moment de renoncer à l’investissement dans notre parc immobilier, bien au contraire.

Une telle politique, le rapport le montre bien, aura des retombées positives multiples. Sur l’environnement, tout d’abord, en rénovant les « passoires énergétiques » de sorte à diminuer la consommation d’énergie des ménages. On recroise ici la question de la transition énergétique, de la réduction des émissions de CO2, de l’indépendance et de la précarité énergétique. Cette transition est enclenchée en France ; le conseil national de la transition énergétique, dans lequel je siège, y travaille et énonce comme priorité la rénovation énergétique du parc de bâtiments existants.

Cette politique doit être globale. Elle impliquera de former d’avantage de jeunes aux métiers de la rénovation et de la construction verte, qui sont des emplois non délocalisables.

Le logement social est un frein important aux bulles immobilières. Les pays qui ont le mieux résisté à la crise, pointe le rapport, sont ceux qui disposaient des plus grands parcs locatifs sociaux. On ne parle pas seulement d’un filet de sécurité pour les personnes les plus fragiles, mais bien pour l’ensemble de la population européenne. L’Union n’a pas de compétence directe sur le logement social, mais bon nombre de politiques européennes ont un impact important (comme les fonds structurels, les règles relatives aux aides d’Etat…). Le Parlement européen a donc ici appelé la Commission européenne à prendre en compte le logement social en tant que droit fondamental et levier pour sortir de la crise dans l’élaboration de ses politiques.

 

Source de l’image : http://lerepat.org/dossier/logement

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"A lire, le Nouvel optimisme de la volonté" paru dans le Point