Le Conseil d’Etat annule la suspension du maïs MON 810 : lacune de l’Etat, Monsanto prend l’avantage !

Saisi par Monsanto, le Conseil d’Etat a décidé aujourd’hui, après avoir interrogé la Cour européenne de Justice (CJE), de suspendre le moratoire français sur le maïs MON 810.

Le maïs MON 810 pourrait donc bientôt faire son apparition en France si rien n’est fait pour activer une nouvelle clause de sauvegarde contre l’OGM de Monsanto.

Alors que la CJE ne fait que mentionner un problème purement juridique et ne juge pas sur le fond, le Conseil d’Etat juge que le ministre de l’agriculture n’avait pas les preuves suffisantes d’un risque avéré pour la santé et l’environnement du maïs MON 810 pour prendre ses arrêtés d’interdiction de culture. Face à la puissance de feu d’un lobby comme Monsanto, le mieux est de bien ficeler son dossier. Cette fois-ci c’est raté, à l’Etat de revenir au plus vite avec une nouvelle clause de sauvegarde qui soit incontestable. Il y a évidemment matière en ce sens.

Quant au conseil d’Etat, qu’il s’occupe de la légalité des lois, c’est tout à fait pertinent, mais permettez-moi de douter de sa capacité d’évaluation des risques de dangerosité de tel ou tel produit. Les inquiétudes sur les impacts environnementaux et sur la santé humaine des OGM existent.

Sortons des questions de procédure: derrière la question des OGM s’imbriquent des problématiques lourdes pour notre modèle agricole. Dissémination, biodiversité, marge de manœuvres des agriculteurs, coexistence des modes de production !

Mais l’Etat n’est pas le seul responsable en cause: Monsanto ferait mieux de convaincre nos agriculteurs et nos concitoyens de l’innocuité et du progrès que constituent les OGM plutôt que de revenir inexorablement par la fenêtre à chaque fois qu’elle en a, ne serait-ce qu’un centimètre d’opportunité…

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"A lire, le Nouvel optimisme de la volonté" paru dans le Point