Je suis certain de pouvoir être utile à Marseille

Interview donné ce Mardi 16 octobre au site Locita.com à François Buson
Jean-Luc Bennahmias est vice-président du Modem, député européen et engagé dans l’action municipale marseillaise, avec en ligne de mire, l’élection de 2014. Celui que les habitants appellent toujours « le Parisien » malgré sa décennie au cœur de la cité phocéenne évoque sans tabou la succession de Jean-Claude Gaudin à la mairie. Entretien.
Locita : Quel est le but de proposer une primaire à Marseille ?
Jean-Luc Bennahmias : C’est très simple !  Pour être précis, il s’agit d’organiser la succession de Jean-Claude Gaudin. Je pèse mes mots quand je parle de succession ! Il y a un vrai besoin de rupture dans cette ville et toutes les bonnes volontés et les personnalités de l’opposition municipale sont les bienvenues pour organiser cet « après-règne ». On a vu, lors des primaires socialistes ou à l’UMP, que ce système des primaires permettait un vrai débat, c’est l’idée que je souhaiterais faire passer.
Locita : Le Modem serait donc dans l’opposition de l’UMP ? Après l’échec à la présidentielle et aux législatives, vous ne craignez pas de brouiller encore un peu plus les pistes
JL Bennahmias : Cela fait longtemps maintenant que nous faisons partie de la majorité d’Eugène Caselli ! Ce n’est pas une découverte. Évidemment, cela ne représente pas le Modem au plan national. Le parti pris est celui de la rupture, il est temps de faire bouger les lignes dans la ville. La primaire nous offre cette perspective d’offrir une réponse globale, argumentée et débattue avec tous ceux qui se reconnaissent dans l’action de la majorité présidentielle à Marseille. On a besoin d’une vision politique plus élargie qu’au plan national.
Locita : Quelles sont les ruptures à apporter ?
JL Bennahmias : D’un point de vue extérieur, la ville souffre d’une image terrible, c’est un repaire de brigands, de délinquants, de voyous qui se tirent dessus… En dehors de cela il y a un dynamisme fabuleux entre EuroMed, Marseille capitale européenne de la culture en 2013, les pôles universitaires de Luminy et de St-Jérôme. Cette ville est pleine de ressources et doit offrir tant aux habitants qu’aux touristes une vision positive de ses atouts nombreux. Imaginez les bateaux de croisière, la croissance du port maritime, le travail fabuleux qui a été fait autour du parc des calanques… Les capacités de Marseille sont un vrai moteur pour développer une politique positive. Jean-Claude Gaudin est un marseillais convaincant mais il faut dès maintenant préparer la rupture. Il y a une volonté citoyenne importante de connaître les éléments du débat public, je souhaite mettre les éléments marseillais sérieux autour de la table.
Locita : Que pensez-vous de la dissolution de la BAC nord par Manuel Valls ?
JL Bennahmias : C’est le moins qu’on puisse faire ! Je suis comme vous, je découvre les liaisons entre une partie de la BAC et les voyous. J’aimerais être certain que les ripoux s’arrêtent là… Le trafic est une réalité, c’est un constat public et je sais les difficultés de la police après 10 ans de Sarkozy. Il est nécessaire de remettre en place très rapidement une police de proximité dans les quartiers, dans le centre ville, c’est l’alpha et l’oméga la sécurité de tous. Ensuite, le travail doit porter sur la mise en place dans les quartiers d’une politique de l’emploi, d’éducation, d’une véritable politique de la ville. Si on n’est pas capables de remettre le travail au cœur du développement, la mission devient impossible quand le chômage touche 50% des jeunes !
Locita : Les règlements de compte et les affaires de drogue pourrissent le climat phocéen, que pensez-vous des dernières polémiques autour de la dépénalisation lancées par Vincent Peillon ce week-end ?
JL Bennahmias : Je suis de ceux qui, depuis la fin des années 70, prône une légalisation hyper contrôlée. Évidemment, l’interdiction aux mineurs, mais également la mise en place d’accompagnement quant aux addictions, préventions de la dépendance. La politique de prohibition est un échec patent, je ne suis pas le seul à le dire, l’ONU l’a rappelé récemment… Maintenant, une dépénalisation permettrait déjà de réduire un peu le trafic et je ne suis pas contre. Mais je préfère encadrer fortement une légalisation.
Locita : Pour revenir à Marseille, vous croyez vraiment pouvoir porter jusqu’au bout la voix du Modem ?

JL Bennahmias : Bien sûr ! Je suis certain de pouvoir être utile à Marseille. Même si après dix années passées ici, on me surnomme encore parfois « le Parisien », ma volonté est de travailler sur les immenses capacités du territoire. Ce que je propose est une gestion ouverte à la population : ouvrons, ouvrons

Locita : Vous allez proposer une alliance avec l’UDI à Marseille ?

JL Bennahmias : Non. C’est très compliqué l’UDI à Marseille… S’ils ont tout mon respect citoyen, je pense sincèrement qu’on n’a pas créé le Modem pour reconstruire l’UDF en moins bien.

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"A lire, le Nouvel optimisme de la volonté" paru dans le Point