Interview dans Libération : «L’UMP n’est pas la seule à faire des appels du pied à Bayrou»

Pour Jean-Luc Bennahmias, eurodéputé, vice-président du Modem et ancien écologiste, la rupture entre la droite et François Bayrou est aujourd’hui irréversible. Malgré les tentatives de l’UMP pour annexer le leader centriste.

Dans une interview au Figaro, François Baroin a rappelé que «Bayrou et la droite avaient gouverné ensemble». Demain, le Modem pourrait gouverner avec l’UMP ?

Cela me paraît très difficile. La rupture de François Bayrou avec l’UMP et la droite historique date du jour de la création de l’UMP. Il suffit de revoir les images de l’intervention de François Bayrou à Toulouse en 2002, lors du congrès de l’Union en mouvement – avant la création de l’UMP -, pour comprendre que tout retour en arrière est impossible. Dans son discours, il avait notamment insisté sur sa conception du centre qui, pour lui, se devait d’être indépendant.

Le Mouvement démocrate est-il toujours sur cette ligne ?

Si on prend l’histoire en continu, le Modem se situe, lui, clairement dans une autre ligne que celle de l’UDF d’antan, avec, comme l’avait dit François Bayrou, une exigence d’indépendance beaucoup plus forte. Je rappelle également que, depuis 2002, il y a eu quand même d’autres épisodes et notamment deux campagnes présidentielles, celle de 2002 et celle de 2007. C’est d’ailleurs à la suite de cette dernière campagne et du refus de François Bayrou d’appeler à voter au second tour pour le candidat de l’UMP que le Modem s’est créé le mois de novembre suivant. Et depuis, François Bayrou a toujours réaffirmé sa volonté d’indépendance, de plus en plus même, et de ne pas être inféodé à un clan ou à un autre.

Laurent Wauquiez (UMP) a également tendu la main au candidat du centre en soulignant sa proximité «philosophique» avec la droite qualifiée de sociale. Vous sentez-vous proche «philosophiquement» de cette droite ?

Il est évident que pour des gens comme Laurent Wauquiez, qui n’est pas membre de la Droite populaire à ma connaissance, il y a des références culturelles et d’histoire politique en commun. Mais, je rappelle aussi qu’une des références de François Bayrou est, depuis ses débuts en politique, Lanza del Vasto, à la tête d’une communauté chrétienne agissante, en partie à l’origine du mouvement de lutte des paysans du Larzac. Après, je comprends Laurent Wauquiez. Mais quand Claude Guéant dit, lui aussi, que Bayrou fait partie de la même famille que l’UMP, je pense que François Bayrou doit en tomber à la renverse.

Pourquoi aujourd’hui ces appels du pied de l’UMP en votre direction ?

Je pense qu’il s’agit là d’un petit jeu qui se joue à deux. L’UMP n’est pas la seule à nous faire des appels du pied. François Hollande dit la même chose de son côté, tout en soulignant que François Bayrou appartient au centre droit. Le stade dynamique de propagande de Nicolas Sarkozy et de François Hollande pour donner à croire qu’il n’y aurait que deux candidats en lice pour le second tour, eh bien, cela s’orchestre à plusieurs… Avec des Wauquiez, des Baroin d’un côté, et François Hollande de l’autre.

Mais pour le moment, les ralliements à la candidature Bayrou viennent plus de la droite que de la gauche…

Quand on est socialiste, je ne dis pas de gauche ou de centre gauche, il faudrait être fou pour ne pas soutenir François Hollande vu son score dans les sondages. Mais des soutiens de ce bord vont arriver.

Et vous pourriez cohabiter avec un Hervé Morin, le président du Nouveau Centre, s’il renonçait à sa démarche ?

Dans le cadre de la campagne présidentielle, sans problème. On ne trie pas ses soutiens. Mais je crois que les plus proches d’Hervé Morin, comme Maurice Leroy ou François Sauvadet, ont déjà fait savoir qu’ils soutenaient Nicolas Sarkozy.

http://www.liberation.fr/politiques/01012387607-l-ump-n-est-pas-la-seule-a-faire-des-appels-du-pied-a-bayrou

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