Interpellation avec Marielle de Sarnez de la Commission sur le Japon et les politiques énergétiques de l’UE

Des événements en série accablent aujourd’hui le Japon. Ils ont fait un nombre considérable de dégâts humains et matériels.

Par ordre de priorité, notre question porte sur trois aspects essentiels et complémentaires.

1. De manière urgente, le Japon va inévitablement avoir besoin d’aide. Le nombre de victimes est d’ores et déjà supérieur à 10 000 et il y aurait plus de 130 milliards d’euros de dégâts matériels. Nous avons donc besoin d’une volonté politique européenne forte et d’une démarche efficace sur le court et le long terme.

— Dans quelle mesure la Commission entend-t-elle faire preuve de solidarité? Quelle initiative va-t-elle prendre pour additionner et coordonner les moyens nationaux?
 
2. Par ailleurs, au vu des dernières explosions dans les centrales nucléaires japonaises, l’inquiétude des Européens est légitime. Il faut y répondre.

— En ce sens, la Commission entend-elle mener rapidement une série de «stress tests» sur l’ensemble des infrastructures nucléaires européennes, en commençant par les centrales les plus anciennes ou soumises aux risques les plus aigus de catastrophes naturelles?
 
3. Enfin, à moyen et plus long terme, il va de soi que l’avenir énergétique de l’Europe ne peut se résumer au développement de la technologie nucléaire.

De quelle manière la Commission va-t-elle: — accroître la diversification de nos moyens de production d’énergie et relancer de manière décisive les énergies renouvelables;
 
— prendre la pleine mesure du critère d’efficacité énergétique; et
 
— accroître nos efforts en matière de recherche et développement pour assurer l’avenir énergétique de l’ensemble des Européens?
E-002918/2011
Réponse donnée par M. Oettinger
au nom de la Commission
(2.5.2011)
1. Depuis la survenue de la catastrophe, la Commission suit de près la situation et est en contact étroit avec les autorités japonaises, qui ont demandé officiellement l’aide de l’UE. Afin de répondre à cette demande, la Commission a activé le mécanisme européen de protection civile. Le centre de suivi et d’information (MIC) coordonne à l’heure actuelle le déploiement de l’aide fournie par les pays européens.

Une équipe de la protection civile de l’UE composée de 15 personnes a été déployée au Japon pour coordonner la distribution de l’aide sur le terrain et pour évaluer, en coopération avec les autorités japonaises, les besoins restant à couvrir. Le 24 mars 2011, un premier envoi de 70 tonnes d’aide (fournie par les Pays-Bas, le Danemark et la Lituanie) est arrivé au Japon. Il était composé, entre autres, de couvertures, de matelas et de sacs de couchage. Des envois de couvertures et de bouteilles d’eau (en provenance, respectivement, du Danemark et du Royaume-Uni) sont arrivés le 28 mars 2011. Puis un envoi de nourriture, de tentes, de sacs de couchage, de vêtements, de bottes et de gants (fournis par la Hongrie, la Slovaquie et la Suède) est arrivé le 6 avril 2011.

La commissaire européenne responsable de la coopération internationale, de l’aide humanitaire et de la réaction aux crises s’est en outre rendue au Japon. À la suite de sa visite, une décision de financement pour l’octroi d’une aide humanitaire de 10 millions d’euros a été adoptée le 1er avril 2011 afin d’aider les personnes touchées à surmonter les conséquences de cette catastrophe.

2. Le 25 mars 2011, le Conseil européen a conclu que la sûreté de toutes les installations nucléaires de l’UE devrait être vérifiée, sur la base d’une évaluation globale et transparente des risques et de la sûreté («tests de résistance»). À l’heure actuelle, la Commission et le Groupe des régulateurs européens dans le domaine de la sûreté nucléaire (ENSREG) travaillent à définir l’étendue et les modalités de ces tests en tirant pleinement parti de l’expertise disponible (notamment celle de l’Association des responsables des Autorités de sûreté nucléaire des pays d’Europe de l’Ouest, WENRA). Les évaluations seront menées par des autorités nationales indépendantes et dans le cadre d’une évaluation par les pairs. De plus, le Conseil a appelé à ce que des «tests de résistance» similaires soient effectués dans les pays voisins et dans le monde entier. Les modalités exactes de ces évaluations sont encore en discussion. La Commission garantira la pleine transparence du processus, des résultats et du suivi. Le calendrier a été fixé de façon à ce que le Conseil européen évalue les premières conclusions avant fin 2011, sur la base d’un rapport de la Commission. En outre, le Conseil européen a chargé la Commission d’examiner le cadre législatif et réglementaire existant en matière de sûreté des installations nucléaires d’ici fin 2011.

3. La Commission promeut la diversification des sources d’énergie et les sources d’énergie renouvelables de multiples manières. En ce qui concerne le court et moyen terme, elle surveille de près les actions menées par chaque État membre pour réaliser son objectif national en termes de part des sources d’énergie renouvelables; l’addition des objectifs nationaux doit permettre d’atteindre d’ici à 2020 l’objectif de 20 % pour l’ensemble de l’UE. La Commission a commencé à évaluer les plans d’action nationaux en matière d’énergies renouvelables soumis par les États membres en 2010. Dans le domaine de l’efficacité énergétique, elle a adopté le 8 mars 2011 son plan 2011 pour l’efficacité énergétique , qui débouchera sur des propositions législatives courant 2011. En matière de recherche et développement dans le domaine de l’énergie, elle a lancé en 2010, au titre du plan stratégique européen pour les technologies énergétiques (plan SET), six initiatives industrielles européennes, à savoir: 1) pour l’énergie éolienne, 2) pour l’énergie solaire, 3) pour le réseau électrique, 4) pour les bioénergies durables, 5) pour le piégeage, le transport et le stockage du CO2 et 6) pour la fission nucléaire durable. Ces initiatives s’accompagnent de plans de mise en œuvre et des feuilles de route «technologiques» pour 2010 2020, qui structurent et fixent les priorités de la recherche dans le domaine de l’énergie pour toute l’UE . En ce qui concerne l’évolution à long terme, la Commission travaille à une «feuille de route sur l’énergie à l’horizon 2050», en vertu de laquelle sera évaluée la contribution potentielle des technologies durables à la mise en place d’un système énergétique sûr, compétitif et à faible intensité de carbone en Europe d’ici à 2050.

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"A lire, le Nouvel optimisme de la volonté" paru dans le Point