Hollande mène une politique centriste (itw la provence)

Photo Nicolas Vallauri

À quelques jours des universités d’été du MoDem qui se tiendront ce week-end en Bretagne, le mouvement de François Bayrou tangue en eaux troubles. Alors que son leader fait des appels du pied à la toute nouvelle Union des démocrates indépendants (UDI) de Jean-Louis Borloo, plutôt tournée à droite. Son vice-président, Jean-Luc Bennahmias est résolument orienté vers la gauche. Député européen passé par la gauche et l’écologie, le politique lance même son réseau. Qui a dit recomposition ?

Le MoDem serait-il en train d’exploser ?
Jean-Luc Bennahmias : Pas plus que les Verts, le PS ou l’UMP. Il est grandement possible de voir dans les semaines qui viennent des personnes de plusieurs mouvances politiques se retrouvaient ensemble. Quand on regarde l’UDI de Borloo, on y voit beaucoup de gens qui, il y a peu encore, s’excluaient les uns des autres de leurs formations.

Mais certains élus quittent le MoDem, à l’image de François-Xavier de Perretti à Aix ou Hélène Coulomb à Marseille…
J-L.B. : François-Xavier De Perretti a pris ses distances en se mettant de côté des structures politiques. Mais il reste proche de nous dans le cadre du réseau que je mets en place et qui peut inclure des gens hors MoDem.

Quel est ce réseau ?
J-L.B. : Il s’appelle « Démocrates dans la majorité présidentielle » et cet espace politique central a pour objet d’aider notre République à sortir des crises. Pour cela, il faut être volontairement positif au niveau gouvernemental. J’avais appelé à voter François Hollande à la Présidentielle et je me situe dans cette majorité qui est en accord sur la rigueur budgétaire ou l’emploi avec les propositions de Bayrou.

Qui a tendu la main à Jean-Louis Borloo…
J-L.B. : Mais j’attends la même chose de l’UDI que du gouvernement. Si ces gens-là veulent jouer un rôle sérieux, ils ne peuvent pas privilégier l’opposition au gouvernement. Dans cette période de crise, c’est irresponsable. En étant dogmatique, on se trompe politiquement.

L’avenir serait donc toujours au centre ?
J-L.B. : François Hollande mène une politique centriste, c’est évident. Il a une politique modérée et crédible au niveau social, européen et dans la gestion des potentiels fiscaux. Il a même des positions jamais vues jusque-là sur le développement durable. Son gouvernement accuse en revanche un manque d’imagination terrible. Il pourrait y avoir des pistes novatrices avec les emplois verts.

Êtes-vous d’accord avec la ratification du traité européen ?
J-L.B. : Il ne sera pas gravé dans le marbre constitutionnel. Si ce traité se contente de la rigueur budgétaire, il sera rediscuté dans six mois. Il devra être accompagné d’un plan de relance.

Pensez-vous que le gouvernement a eu de l’imagination avec son plan pour Marseille ?
J-L.B. : On verra si dans deux ans, la L2 Est existe. Là je dirai bravo. Pour le reste, effectifs policiers, école pour les petits de deux ans, très bien. Quand à la métropole, le cirque ne fait que commencer. Les oppositions sont trop fortes. La mise en place de structures intercommunales est indispensable. Mais de cette manière-là, je n’y crois pas.

Propos recueillis par François TONNEAU

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