Vous êtes ici » Accueil » Actualités » Temps de travail : Les députés européens du Mouvement Démocrate refusent la logique de l'OPT OUT dont s'inspire la réforme du travail du dimanche en france
En soutenant aujourd'hui le rapport d'Alejandro Cercas (PSE, Espagne)
relatif à la directive sur l'aménagement du temps de travail, les députés
européens du Mouvement démocrate ont refusé à une très large majorité de
pérenniser un système d'exception à la durée légale du temps de travail.
Le Parlement européen a ainsi adopté une position protectrice des
salariés et réaffirmé en deuxième lecture la position qu'il avait exprimée, en
2005, lors la première lecture.
Pour Bernard LEHIDEUX, député européen en charge de l'Emploi et
des Affaires sociales au groupe ADLE, "la position du Parlement à laquelle nous
avons contribuée est une victoire pour les salariés européens. Notre vote montre
aux gouvernements des Etats membres que le texte qu'ils ont voulu nous imposer
était inacceptable. Il ne garantissait, ni une protection suffisante des
salariés, ni des conditions de travail décentes, en particulier pour les
professions médicales. Nous avons rappelé aux gouvernements qu'il était
nécessaire de s'intéresser avant tout aux salariés, qui vont être appelés à
travailler toujours plus, sans avoir véritablement le choix, et ceci comme tous
ceux à qui l'on demandera demain de travailler le dimanche en
France.Car au sujet de l'opt out, la reculade au conseil du
gouvernement français n'était évidemment pas innocente : la volonté de réformer
le travail du dimanche en France a poussé le gouvernement à changer brutalement
de cap pour garantir le maintien de l'opt out, qui devenait tout d'un coup très
utile ! Le Parlement et le Conseil doivent désormais se retrouver en
conciliation pour parvenir, je l'espère, à un accord raisonnable."
Pour Jean-Luc Bennahmias, député européen également en charge de l'Emploi et des Affaires sociales, ce vote majoritaire prouve que le Parlement européen se préoccupe du volet social de la construction européenne. C'est un vote essentiel qui contribuera à redonner confiance à l'ensemble des citoyens européens car les députés n'ont pas cédé à la pression des ministres des Etats membres qui souhaitaient autoriser un employeur à déroger à la limite légale des 48 heures de travail hebdomadaire, avec l'accord individuel du salarié.
Cette faculté, aussi appelé"opt out", existe dans la législation actuelle, et
est défendue avec acharnement par le Royaume Uni, qui bloque depuis des années
au Conseil des ministres toute législation la remettant en cause.
Le Parlement a également réaffirmé, contrairement à la proposition de
la Commission et des Etats membres, que tout le temps de garde devait être
considéré comme du temps de travail. Cette disposition est primordiale,
notamment dans le cas des professions médicales.
Les députés du
Mouvement démocrate (MoDem) ont voté :
- en faveur
d'une suppression progressive (36 mois) de l'opt out
- pour que l'ensemble du temps de garde, notamment
dans le cas des professions médicales, soit considéré comme du temps de travail
- pour que le repos compensatoire soit pris
immédiatement après le temps de travail accompli par le salarié.
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