Drame à Lyon : oser les solutions pérennes pour les populations Roms !

Victimes séculaires de persécutions dans leurs pays d’origine, les Roms ne font certes pas encore l’objet en France d’agressions physiques de masse comme cela est le cas chez certains de nos voisins européens. Mais ils sont déjà victimes d’un harcèlement des autorités françaises qui semblent s’évertuer à sans cesse les expulser – sous couvert de décision de

« justice » – de leurs logements de fortune : allant de bidonvilles en squats, l’exil perpétuel et la clandestinité sociale des Roms se poursuivent inéluctablement.

L’absence de volonté politique d’intégration de ce peuple européen, tant sur le plan communautaire que national, c’est malheureusement une nouvelle fois traduite par un drame humain qui faisait hier la une : dans la nuit du 12 au 13 mai, dans le 8ème arrondissement de Lyon, deux femmes et un enfant ont péri, selon un premier bilan, dans l’incendie d’un ancien entrepôt dans lequel 200 à 300 personnes avaient trouvé refuge. 

Nier les discriminations dont ils sont victimes et les raisons pour lesquelles les Roms migrent, n’est pas une solution. Certes, leur présence sur notre territoire, parfois dans des communes dans lesquelles il existe déjà une situation sociale difficile, n’est pas simple à gérer pour les autorités locales. Ajouter de la pauvreté à de la pauvreté ne ferait qu’aggraver les tensions existantes.

Alors que faire? Il faut, à la fois mettre les pays d’origine face à leurs responsabilités et leurs négligences, pour que la situation des Roms s’améliore en Bulgarie, en Roumanie ou encore en Hongrie – et pour cela s’assurer que les fonds européens destinés à améliorer les conditions de vie de ces populations soient utilisés à bon escient. Mais cela prendra du temps; il faut donc aussi, sur nos territoires, leur permettre de vivre dans des conditions décentes, leur donner une chance de s’intégrer. Cela passe par la mise en place de projets d’insertion comme les logements-passerelles par exemple. Une phase d’adaptation est essentielle pour une intégration réussie et je ne suis pas sûr qu’on puisse éviter la création de cités de transit- à charge pour l’Etat que ce transit soit limité dans le temps pour ne pas réitérer des situations connues par le passé avec d’autres populations. Dans les lieux destinés à accueillir les Roms, l’intégration passe par la mise en place de politiques d’éducation et d’alphabétisation des populations et en particulier des jeunes. Une politique d’insertion qui ne peut pas être laissée à la seule charge des collectivités et qui ne peut faire l’impasse sur la question de l’acceptation sociale. En France, une partie des fonds européens pourrait -et devrait- être mobilisée sur de tels projets. Des marges de manœuvre existent mais elles nécessitent de sortir des raccourcis rapides et de la stigmatisation pour réfléchir à des solutions pérennes.

 

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"A lire, le Nouvel optimisme de la volonté" paru dans le Point