Des milliers d’opposants à l’aéroport attendus samedi à Notre-Dame-des-Landes

(Photo AFP)

Hervé GAVARD

Pour inormation : Dépêche AFP
Une manifestation à haut risque politique doit réunir samedi des milliers de personnes, dont quelques stars de la gauche, à Notre-Dame-des-Landes pour marquer le point d’orgue d’un mois de mobilisation contre le projet de nouvel aéroport de Nantes, cher à Jean-Marc Ayrault.
Pour le Premier ministre et ancien maire de Nantes, ce dossier s’ajoute à ceux qui ont récemment contribué à sa chute de popularité, tandis que pour les personnalités politiques participant à la manifestation, le risque d’être pris à partie par les squatteurs anticapitalistes présents n’est pas négligeable.
Le leader du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé, les eurodéputés José Bové (EELV) et Jean-Luc Bennahmias (Modem), ont annoncé leur participation à la manifestation, qui commencera à 11H00 sur le site.
Les élus écologistes ont dit vouloir être sur place dès vendredi et y prévoir une action « tenue secrète » ce jour-là.
Mercredi, les organisateurs ont déclaré que la « manifestation de réoccupation » de samedi serait « conviviale, familiale, solidaire ». Une mise au point après l’agression la veille d’un vigile chargé de surveiller une maison près du site. Ce dernier a été battu par une vingtaine de personnes et sa voiture a été brûlée.
Les organisateurs ont désavoué cette agression, qui illustre toutefois la tension croissante sur les lieux depuis plusieurs semaines.
Sur cette Zone d’aménagement différé (ZAD) de quelque 1.600 ha réservés pour l’infrastructure, rebaptisée « Zone à défendre » par les opposants, engins de chantier et forces de l’ordre interviennent depuis mi-octobre pour déloger les squatteurs et détruire les bâtisses et cabanes occupées, préalable au début des travaux prévu en 2013.
Barrages, barricades, gaz lacrymogènes et cocktails molotov: les abords de Notre-Dame-des-Landes sont ainsi devenus, certains jours, le théâtre d’une véritable « guérilla bocagère » opposant parfois 500 CRS et gendarmes à 150 adversaires du projet.

A gauche, le PS, qui tient les principales collectivités locales, apparaît de plus en plus isolé. Quant au Premier ministre, l’un des principaux promoteurs du projet, il est, lors des manifestations, une cible privilégiée de slogans comme « Non à l’Ayraultport » ou « Ayrault atterris! ».
Pour les opposants — agriculteurs et propriétaires qui refusent l’expropriation, jeunes occupants anti-capitalistes, responsables politiques — le projet, qui remonte aux années 60, et confié au groupe Vinci, est « une aberration économique » et un « non-sens écologique », destructeur de terres agricoles.
En outre, selon eux, l’actuel aéroport, destiné à être remplacé par Notre-Dame-des-Landes en 2017, est loin d’être saturé. Au moins quatre autres aéroports, importants, existent déjà en Bretagne et Pays de la Loire.
A l’inverse, ses partisans défendent une infrastructure à dimension internationale indispensable au « développement économique » du Grand Ouest et le risque de saturation de l’aéroport existant.
« C’est la garantie du développement économique car nos régions sont loin des centres de décision européens », souligne l’Association citoyenne pour la réalisation d’un aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes (Acipran). « Si ça ne se faisait pas, c’est dans trente ans que l’aéroport serait complètement saturé et on s’en mordrait les doigts », selon un autre membre de l’Acipran, François de la Tullaye.
Quant au président du conseil régional des Pays-de-Loire, Jacques Auxiette (PS), il a dit que « plus aucune action en justice » ne pourrait « remettre en cause la réalisation du projet ».

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"A lire, le Nouvel optimisme de la volonté" paru dans le Point