Condamnation des conditions de travail au Bangladesh par le Parlement européen

 

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Cela fait 20 ans qu’au Bangladesh – deuxième exportateur mondial de prêt-à-porter –  les tragédies industrielles se succèdent au sein des ateliers de confection. La série noire d’incendies et d’effondrements qui a touché le pays ces derniers mois – et notamment celle du Rana Plaza à Dacca en avril dernier et qui aurait fait au moins 1 127 morts et plus de 2 500 blessés, ce qui en fait la plus grande catastrophe de l’histoire de l’industrie textile – nous a poussé à adopter jeudi 23 mai une seconde résolution commune relative aux conditions de travail au Bangladesh dépassant de loin celle du 17 janvier dernier de par son contenu.

 

Gravement préoccupés par les conditions de travail au Bangladesh, nous soulignons unanimement la responsabilité des différents acteurs de ces tragédies, aux premiers rangs desquels se trouvent les sous-traitants mais aussi les grandes marques européennes et américaines dont les bénéfices engrangés ici sont pour une large part dus à l’absence totale de normes d’hygiène et de sécurité là-bas.

 

Nous saluons le plan d’action arrêté le 4 mai 2013 par le gouvernement du Bangladesh, les employeurs, les travailleurs et l’OIT ainsi que la ratification de la convention sur la sécurité des bâtiments et la protection contre les incendies au Bangladesh par une quarantaine de multinationales du textile. Je déplore toutefois qu’il ait fallu attendre qu’une telle tragédie se produise et la couverture médiatique internationale qui s’en est suivie, pour qu’une réaction ait lieu : preuve en est, cet accord n’est applicable qu’au Bangladesh. Espérons que cette catastrophe permettra des avancées notables en matière de droit social et que le plan d’action sera correctement mis en œuvre. Ce dernier devrait  s’atteler à réviser les droits du travail afin d’autoriser la création de syndicats d’ouvriers sans autorisation préalable des propriétaires d’usines, à permettre l’organisation de négociations collectives et à évaluer d’ici la fin de l’année la sécurité de l’ensemble des usines d’habillement travaillant pour l’exportation. Afin que ces engagements soient suivis d’effets, nous pressons la Commission à exercer une pression sur le gouvernement Bangladais – en la priant de bien vouloir réviser ses avantages douaniers en cas de méconnaissance grave et systématique des conventions internationales en droit social -.

 

Il n’en demeure pas moins que cette résolution de principe, louable en soi, montre les contradictions de notre action en matière de RSE. Si la résolution finalement votée a insisté sur la nécessité pour les entreprises de mettre en place une signalétique sociale volontaire permettant de certifier qu’un produit est fabriqué en respectant les normes fondamentales de l’OIT et a reconnu de manière subtile que la RSE est un outil de marketing commercial, nous n’avons toujours pas tiré toutes les conséquences de ces constatations. Ainsi, la question des conséquences juridiques de la RSE et notamment des déclarations mensongères des entreprises  - quant bien même elles seraient volontaires – devra-t-elle un jour se poser devant les tribunaux à l’instar de ce qui se passe aux Etats- Unis.    

 

Le texte de la résolution adoptée le 23 mai dernier est à lire ici: http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P7-TA-2013-0230+0+DOC+XML+V0//FR&language=FR

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