Classement européen des universités: aveux des difficultés rencontrées par la Commission

Question avec demande de réponse écrite E-011858/2011 à la Commission

 

Objet:  Classement européen des universités

À la suite de l’appel d’offre lancé en 2008 par la Commission européenne sur l’idée d’un classement européen des universités, une étude de faisabilité d’un classement global d’universités européennes sur des critères multiples, baptisé U-Multirank, a été réalisée. La Commission a suggéré que le classement serait disponible dans un délai de deux ans. Considérant les difficultés rencontrées afin d’opérer ce classement en raison de la grande diversité des systèmes universitaires des vingt-sept États membres:

1.    Afin de répondre à la diversité des systèmes d’éducation en Europe ainsi qu’aux besoins de transparence et de clarté aux yeux des citoyens, quels sont, clairement, les critères pour classer les universités? En particulier, comment la Commission compte-t-elle comparer l’insertion professionnelle des diplômés alors que le marché du travail peine à dépasser l’échelon national?

2.    La Commission peut-elle nous indiquer sa vision quant au financement de ce classement – après la première année de fonctionnement qu’elle a déjà prévu de financer?

3.    Étant donné qu’un classement ne référençant qu’une faible part des établissements d’enseignement supérieur en Europe perdrait son utilité, comment la Commission compte-t-elle inciter ces établissements à participer à ce classement?

4.    Enfin, quelle est la pertinence d’un tel classement, alors que de nombreux étudiants peinent encore à faire reconnaitre leurs diplômes dans les autres États membres?

E-011858/2011

Réponse donnée par Mme Vassiliou au nom de la Commission (14.2.2012)

La diversité des établissements d’enseignement supérieur en Europe est un atout: elle répond  aux besoins de compétences de l’Union en permettant aux étudiants de suivre des programmes d’enseignement variés. L’initiative de la Commission en faveur d’un outil d’information et de transparence a pour but de couvrir tous les établissements et leurs différentes missions, contrairement aux classements existants, qui mettent surtout l’accent sur la recherche.

En s’appuyant sur les résultats de l’étude de faisabilité, ce nouvel outil enregistrera les performances d’établissements similaires sur les plans de l’enseignement et de l’apprentissage, de la recherche, de l’internationalisation, de l’engagement régional ou encore de la transmission des connaissances. Certains des indicateurs doivent encore être affinés, notamment les données relatives à l’emploi des diplômés, qui mesureront le taux d’emploi des diplômés d’un établissement donné dans un contexte national; c’est le futur registre européen de l’enseignement supérieur qui assurera la comparabilité des données sur l’emploi à travers les frontières. La Commission collabore également au projet AHELO de l’Organisation de coopération et de développement économiques, qui teste des indicateurs permettant de mesurer les connaissances acquises par les diplômés.

Le classement devrait être géré par un organisme indépendant et être financièrement autonome à long terme. Il comportera environ 500 établissements au départ, et devrait être élargi avec le temps. Il pourra servir d’outil de planification et d’auto-évaluation à tous les établissements participants, qui devraient être rejoints par d’autres au fur et à mesure de la démonstration de son utilité, et répondra au désir des étudiants et d’autres acteurs d’une plus grande transparence.

Des obstacles à la reconnaissance de cet instrument subsistent, et doivent encore être écartés. Ils ne jettent cependant pas le doute sur le principe d’un classement multidimensionnel qui, en fournissant aux étudiants des informations plus claires pour les guider dans le choix de leurs études, constitue un tout nouvel outil visant à améliorer la qualité, la pertinence et la transparence de l’enseignement supérieur européen.

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