L’UDI est un retour en arrière

Le vice président du MoDem ne croit pas à l’indépendance affichée par le nouveau parti de Jean-Louis Borloo. INTERVIEWd’Estelle Gross

Lionel Bonaventure – AFP

Jean-Louis Borloo a lancé ce dimanche l’UDI, aux cotés notamment de Simone Veil, qu’en avez-vous pensé ?

- C’est très bien ! Je n’ai aucune surprise sur ce lancement qui peut être considéré objectivement comme réussi, c’est un joli montage médiatico-politique. Simone Veil, Valéry Giscard d’Estaing, ça s’adresse à la jeunesse ! C’est un retour en arrière, à la maison du centre droit. A l’opposé de ce qu’a essayé de faire François Bayrou.

Vous n’y croyez pas ?

- Il peut y avoir un mouvement à droite, autre que l’UMP, mais je ne crois pas une seconde que ce mouvement puisse prendre le pas sur l’UMP. Tout le monde peut rêver ! Quant à l’indépendance affichée, elle est très loin d’être prouvée.

Comment vous situez vous par rapport à l’UDI ?

- C’est un adversaire politique. De mon côté, je continue mon entreprise de réseau des démocrates dans la majorité. Des dizaines d’élus ont maintenant signé.

Il n’y a donc aucune entente possible ?

- Ici ou là, localement, je ne dirai pas à mes amis qu’on ne peut rien faire avec l’UDI. Mais en dehors de ce niveau extrêmement local, nous n’avons rien à faire ensemble.

Y-a-t-il aujourd’hui de la place pour le MoDem et l’UDI ?

- Je ne sais pas si il y a de la place, mais il y a l’obligation de ne pas être uniquement dans la posture : ‘on va attendre la prochaine alternance’. Ce n’est pas à la hauteur des enjeux, et c’est un petit jeu très désagréable. Et, en quoi les décisions prises par le gouvernement actuel, je ne parle pas des couacs, vont à l’encontre de l’intérêt de la France et de l’Europe ?

Interview de Jean-Luc Bennahmias, eurodéputé et vice-président du MoDem, par Estelle Gross – Le Nouvel Observateur (le 21 octobre 2012)

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